Descartes et les Mathématiques

René Descartes

Contributions de Descartes aux mathématiques : « La Géométrie » ; théorème et relation de Descartes…

Sommaire

I. Le philosophe et mathématicien

II. La Géométrie de Descartes

III. Théorèmes et relations

Relation de Descartes

Théorème de Descartes

Théorème de Descartes-Euler

IV. Arithmétique et Géométrie

Et c'eſt vne faute auſſy, d'autre coſté, de fe trauailler inutilement…

I. Descartes philosophe et mathématicien

La reine Christine de Suède

René Descartes (1596-1650) est généralement connu pour son œuvre philosophique, son nom étant d'ailleurs associé populairement à une certaine idée de l'esprit français.
Toutefois, ce fut aussi un grand mathématicien.
Son apport principal dans ce domaine est la numérisation de la géométrie, une des plus grandes idées des mathématiques : relier la géométrie à l'algèbre.

En collaboration avec Pierre Fermat (1601-1665), il a mis au point la méthode des coordonnées qui permet d'effectuer facilement des démonstrations de géométrie.
Par le choix d'une unité de longueur, il identifie la demi-droite avec l'ensemble des nombres réels positifs.

Descartes fait passer les lettres du statut d'inconnue « géométrique » au statut de variable « réelle ».
Il préféra le premier les lettres du début de l'alphabet a, b, c, d… pour les nombres connus (paramètres) et celles de la fin pour les inconnues x, y, z.
C'est l'usage qui s'est imposé.

Il a systématisé la notation des exposants xn quoiqu'il utilise souvent xx au lieu de x2.

René Descartes a aussi innové en utilisant le mot fonction pour f(x) = xn.

Son nom est associé :
    – au repère cartésien et aux coordonnées cartésiennes,
    – à la forme cartésienne d'un complexe,
    – au produit cartésien de deux ensembles,
    – à sa ville de naissance : La Haye Descartes.

Ci-dessus
La reine Christine de Suède écoutant une démonstration de géométrie de Descartes
.
On remarque Mersenne, à côté de Descartes, à droite de l'image.

II. La Géométrie de 1637

La Géométrie a été publiée en 1637 comme appendice au Discours de la méthode, écrit par René Descartes. Dans le Discours, il présente les « fondements de la science admirable » avec sa méthode pour obtenir des idées claires sur n'importe quel sujet. La Géométrie et deux autres appendices, la Dioptrique (l'optique) et les Météores (phénomènes naturels), ont été publiés avec le Discours pour donner des exemples de succès qu'il a obtenus en suivant sa méthode.

La méthode de Descartes est de traiter tout problème de géométrie par le calcul. Il l'applique aux calculs arithmétiques et aux équations du second degré dans le livre premier.

Sa réflexion sur la nature des courbes planes lui permet de mettre de l'ordre en géométrie. Il introduit les coordonnées x et y, permettant de mettre en équation un lieu de points, ce qui lui permet de classer les courbes par genre, préfigurant le classement par degré.

Il illustre sa méthode par la solution du problème de Pappus, puis dans le livre troisième, il termine par la résolution d'équations au-delà du deuxième degré.

La Géométrie était un livre destiné à montrer au monde que les mathématiques étaient closes par lui qui en avait résolu le dernier problème essentiel : la résolution par des techniques géométriques des équations polynomiales.

En conclusion , l'humour de Descartes est passé à la postérité :
« J'espère que nos neveux me sauront gré, non seulement des choses que j'ai ici expliquées, mais aussi de celles que j'ai omises volontairement, afin de leur laisser le plaisir de les inventer.»

premiere page de la Geometie de Descartes

La Géométrie

Livre premier : texte et notes pour mobiles

I.  La Géométrie - Introduction

II. Le théorème de Thalès

III. La racine carrée

Le problème de Pappus

Des coniques comme lieux de points

1. La méthode de Descartes

2. La mise en équation du problème : géométrie cartésienne

3. La solution de Descartes : Cercle

Les coniques solution

GeoGebra Les coniques du problème de Pappus avec GeoGebra

GeoGebra Note sur le problème de Pappus

Livre second : texte et notes pour mobiles

De la nature des lignes courbes

La méthode des tangentes

Ovales de Descartes

Livre troisième : texte et notes pour mobiles

Les équations

La racine cubique

 

Notes pour « La Géométrie »

Les quatre règles de la méthode

  • Ne recevoir aucune chose pour vraie tant que son esprit ne l'aura clairement et distinctement assimilée préalablement.
  • Diviser chacune des difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre.
  • Établir un ordre de pensées, en commençant par les objets les plus simples jusqu'aux plus complexes et divers, et ainsi de les retenir toutes et en ordre.
  • Passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.

Descartes l'appliqua d'abord à la géométrie avant de l'appliquer à la philosophie :

Les quatre règles fondamentales de la méthode mathématique

  • Décomposer le problème en questions plus simples.
  • Commencer par la question la plus simple, non pas par paresse, mais pour obtenir les éléments nécessaires afin de résoudre les questions plus complexes.
  • N'avancer d'une étape que lorsque la précédente ne comporte plus d'ambiguïté.
  • Ne pas accepter la solution tant qu'on n'a pas pu vérifier si elle est effectivement juste.

René Descartes - Vikidia

« Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j’aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.
Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention` ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre.
Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.
René Descartes, Discours de la méthode (1637), 2  partie, Éd. Hatier, coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, p. 23.

« Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j’aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.
Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention` ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.

Deuxième règle de la méthode

J'avais un peu étudié, étant plus jeune, entre les parties de la philosophie, à la logique, et entre les mathématiques, à l'analyse des géomètres et à l'algèbre, trois arts ou sciences qui semblaient devoir contribuer quelque chose à mon dessein. ... Puis, pour l'analyse des anciens et l'algèbre des modernes, outre qu'elles ne s'étendent qu'à des matières fort abstraites, et qui ne semblent d'aucun usage, la première est toujours si astreinte à la considération des figures, qu'elle ne peut exercer l'entendement sans fatiguer beaucoup l'imagination; et on s'est telle­ment assujetti, en la dernière, à certaines règles et à certains chiffres,qu'on en a fait un art confus et obscur, qui embarrasse l'esprit, au lieu d'une science qui le cultive. Ce qui fut cause que je pensai qu'il fallait chercher quelque autre méthode, qui, comprenant les avantages de ces trois, fût exempte de leurs défauts.

Ces longues chaînes de raisons, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont coutume de se servir, pour parvenir à leurs plus difficiles démonstrations, m'avaient donné occasion de m'imaginer que toutes les choses, qui peuvent tomber sous la connaissance des hommes, s'entre-suivent en même façon et que, pourvu seulement qu'on s'abstienne d'en recevoir aucune pour vraie qui ne le soit, et qu'on garde toujours l'ordre qu'il faut pour les déduire les unes des autres, il n'y en peut avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre. Et je ne fus pas beaucoup en peine de chercher par lesquelles il était besoin de commencer : car je savais déjà que c'était par les plus simples et les plus aisées à connaître; et considérant qu'entre tous ceux qui ont ci-devant recherché la vérité dans les sciences, il n'y a eu que les seuls mathématiciens qui ont pu trouver quelques démonstrations, c'est-à-dire quelques raisons certaines et évidentes, je ne doutais point que ce ne fût par les mêmes qu'ils ont examinées; bien que je n'en espérasse aucune autre utilité, sinon qu'elles accoutumeraient mon esprit à se repaître de vérités, et ne se contenter point de fausses raisons. Mais je n'eus pas dessein, pour cela, de tâcher d'apprendre toutes ces sciences particulières, qu'on nomme communément mathématiques, et voyant qu'encore que leurs objets soient différents, elles ne laissent pas de s'accorder toutes, en ce qu'elles n'y considèrent autre chose que les divers rapports ou proportions qui s'y trouvent, je pensai qu'il valait mieux que j'examinasse seulement ces proportions en général, et sans les supposer que dans les sujets qui serviraient à m'en rendre la connaissance plus aisée; même aussi sans les y astreindre aucunement, afin de les pouvoir d'autant mieux appliquer après à tous les autres auxquels elles conviendraient. Puis, ayant pris garde que, pour les connaître, j'aurais quelquefois besoin de les considérer chacune en particulier, et quelquefois seulement de les retenir, ou de les comprendre plusieurs ensemble, je pensai que, pour les considérer mieux en particulier, je les devais supposer en des lignes, à cause que je ne trouvais rien de plus simple, ni que je pusse plus distinctement représenter à mon imagination et à mes sens; mais que, pour les retenir, ou les comprendre plu­sieurs ensemble, il fallait que je les expliquasse par quelques chiffres, les plus courts qu'il serait possible, et que, par ce moyen, j'emprunterais tout le meilleur de l'analyse géométrique et de l'algèbre, et corrigerais tous les défauts de l'une par l'autre.

Quatrième partie

Je voulus chercher, après cela, d'autres vérités, et m'étant proposé l'objet des géomètres, que je concevais comme un corps continu, ou un espace indéfiniment étendu en longueur, largeur et hauteur ou profondeur, divisible en diverses parties, qui pouvaient avoir diverses figures et grandeurs, et être mues ou transposées en toutes sortes, car les géomètres supposent tout cela du leur objet, je parcourus quelques-unes de leurs plus simples démonstrations. Et ayant pris garde que cette grande certitude, que tout le monde leur attribue, n'est fondée que sur ce qu'on les conçoit évidemment, suivant la règle que j'ai tantôt dite, je pris garde aussi qu'il n'y avait rien du tout en elles qui m'assurât de l'existence de leur objet. Car, par exemple, je voyais bien que, supposant un triangle, il fallait que ses trois angles fussent égaux à deux droits; mais je ne voyais rien pour cela qui m'assurât qu'il y eût au monde aucun triangle.

Il ne faut nous occuper que des objets dont notre esprit parait capable d’acquérir une connaissance certaine et indubitable.

Les mathématiques montrent le chemin de la vérité

Par là on voit clairement pourquoi l’arithmétique et le géométrie sont beaucoup plus certaines que les autres sciences : c’est que seules elles traitent d’un objet pur et simple pour n’admettre absolument rien que l’expérience ait rendu incertain, et qu'elles consistent tout entières en une suite de conséquences déduites par raisonnement. Elles sont donc les plus faciles et les plus claires de toutes, et leur objet est tel que nous le désirons, puisque, sauf par inattention, il semble impossible à l’homme d’y commettre des erreurs. Et cependant il ne faut pas s’étonner si spontanément beaucoup d’esprits s’appliquent plutôt à d’autres études ou à la philosophie : cela vient en effet, de ce que chacun se donne plus hardiment la liberté d’affirmer des choses par divination dans une question obscure que dans une question évidente, et qu'il est bien plus facile de faire des conjectures sur une question quelconque que de parvenir à la vérité même sur une question, si facile qu'elle soit. De tout cela on doit conclure, non pas, en vérité, qu'il ne faut apprendre que l’arithmétique et la géométrie, mais seulement que ceux qui cherchent le droit chemin de la vérité ne doivent s’occuper d’aucun objet, dont ils ne puissent avoir une certitude égale à celle des démonstrations de l’arithmétique et de la géométrie.

Mon travail sur WikiSource Deuxième règle pour la direction de l’esprit

La difficulté qui apparut dans la lecture de La Géométrie de 1637 chez les adversaires comme les disciples de Descartes nécessita assez rapidement la rédaction d'une introduction et de notes de commentaires par des disciples de Descartes comme Haestrecht, Schooten, Debeaune ou Huygens.
Un édition latine avec des commentaires en 1646, suivie d'une deuxième édition en 1659 rendit le texte accessible à l'ensemble de l'Europe mathématique et connut une large diffusion qui influença grandement les mathématiciens de la fin du dix-septième, comme Newton, pour qui elle constitua un traité de formation mathématique et permit ainsi la diffusion des méthodes analytiques.

La théorie des courbes et des équations dans la Géométrie cartésienne

Au reste, permettez-moi que je vous demande comment vous gouvernez ma Géométrie ; je crains bien que la difficulté des calculs ne vous en dégoutte d’abord, mais il ne faut que peu de jours pour la surmonter, et par après on les trouve beaucoup plus courts et plus commodes que ceux de Viète. On doit aussi lire le troisième Livre avant le second, à cause qu'il est beaucoup plus aisé.

Si vous désirez que je vous envoie quelques adresses particulières touchant le calcul, j’ai ici un ami qui s’offre de les écrire, et je m’y offrirais bien aussi, mais j’en suis moins capable que lui, à cause que je ne sais pas si bien remarquer en quoi on peut trouver de la difficulté.

Mon travail sur WikiSource Lettre de Descartes à Mydorge, le 1er mars 1638

Démarche en géométrie

J'observe toujours, en cherchant une question de Géométrie, que les lignes, dont je me sers pour la trouver, soient parallèles, ou s'entrecoupent à angles droits, le plus qu'il est possible ; et je ne considère point d'autres Théorèmes, sinon que les côtés des triangles semblables ont semblable proportion entre eux, et que, dans les triangles rectangles, le carré de la base est égal aux deux carrés des côtés. Et je ne crains point de supposer plusieurs quantités inconnues, pour réduire la question à tels termes, qu'elle ne dépende que de ces deux Théorèmes ; au contraire, j'aime mieux en supposer plus que moins.

Car, par ce moyen, je vois plus clairement tout ce que je fais, et en les démêlant je trouve mieux les plus courts chemins, et m'exempte de multiplications superflues ; au lieu que, si l'on tire d'autres lignes, et qu'on se serve d'autres Théorèmes, bien qu'il puisse arriver, par hasard, que le chemin qu'on trouvera fort plus court que le mien, toutefois il arrive quasi toujours le contraire.

Mon travail sur WikiSource Lettre à Élisabeth - 17 novembre 1643

Dans la suite de cette lettre, Descartes propose le problème des trois cercles d'Apollonius : trouver le centre d'un cercle tangent à trois cercles donnés.

Une deuxième lettre sur ce problème :

Mon travail sur WikiSource Lettre à Élisabeth - 29 novembre 1643

Problema astronomicum ou problème des trois bâtons

Le gnomon est constitué d'un bâton vertical planté en terre. L'ombre du soleil à l'extrémité du gnomon, définit, sur le plan horizontal un arc de conique, souvent une branche d'hyperbole.
L'étude de cette courbe constitue la gnomonique

À la fin du seizième siècle, le hollandais Adrien Métius a posé le « problème des trois ombres » dont le but est de déterminer, par trois observations astronomiques, la latitude du lieu et la date du jour dans l'année.

Un problème de gnomonique encore plus complexe est le « Problema astronomicum » : problème posé à Descartes par Stampioen, un autre mathématicien hollandais.
Ce problème, dit « des trois bâtons » est de déterminer le lieu et le jour de l'année dans lesquels trois bâtons, placés verticalement sur un plan horizontal, produiront des ombres dont l'extrémité passera par le pied de chacun des deux autres bâtons.

Pour en cela « Desargues prescrit de faire sceller sur le plan d'un cadran scolaire à construire, les extrémités de trois verges aboutissant à un même point S hors du cadran solaire et dirigées suivant les rayons d'ombre de ce point à trois moments différents de la journée. Sur chacune de ces verges, à partir du sommet S, il porte une même longueur-et obtient ainsi trois points A, B , C. Il reporte sur le papier le triangle ABC, construit le centre O du cercle circonscrit, puis par le triangle rectangle SOA, dont il connait l'hypoténuse SA et un des côté OA, il obtient la distance SO du point de rencontre des verges à celui du style avec le plan ABC. Il faut alors entortiller autour des deux verges (soit SA et SB) aux points A et B, deux fils de métal qui réunit à des distances égales de AO et BO " en les tordant ensemble par leurs têtes ", et qu'il attache en leur point de jonction O, avec la verge préparée pour servir de style à une distance S de son sommet. En ajoutant ce sommet au point de rencontre S des verges, et en disposant le tout de façon à tendre les fils AO et BO, il a placé le style perpendiculairement au triangle ABC, donc suivant la direction de l'axe du monde.  »

Éclaircissement de Paul Tannery annoté par Jean-Robert Armogathe - tel Gallimard

Mon travail sur WikiSource Lettre à Mersenne - 29 janvier 1641

Commentaire

Problème que Descartes mettra en relation avec celui d'un « cercle tangent à trois cercles donnés » et aussi, ses commentateurs, avec celui consistant à trouver une « sphère tangente à quatre sphères » données.
Dans sa correspondance, Descartes juge que ces problèmes relèvent  du « Calcul » c'est-à-dire du calcul littéral et sont une bonne occasion de mettre en œuvre sa méthode.

Règle des signes de Descartes

Soit p(x) = 0 une équation où p(x) est un polynôme à une variable et à coefficients réels, ordonné par ordre décroissant des exposants.
Une variation d'un polynôme est un changement de signe entre deux termes consécutifs.

Théorème de Descartes pour les équations

Dans une équation algébrique, à coefficients réels, le nombre des racines positives ne surpasse pas le nombre de variations ; et, quand il est moindre, la différence est toujours un nombre pair.

Lorsque les solutions de l'équation sont toutes réelles, le nombre de solutions positives est au nombre de variations de signes de ses coefficients (en ne tenant pas compte des coefficients nuls), le nombre de solutions négatives est le nombre de permanences de ses signes.

En général, le nombre de solutions positives est, au plus égal, au nombre de variations de signes de ses coefficients (en ne tenant pas compte des coefficients nuls), le nombre de solutions négatives est, au plus égal, le nombre de permanences de ses signes.

S'il y a n variations de signes, il y n solutions ou n – 2, ou n – 4,… n peut être diminué d'un nombre pair correspondant à des solutions complexes conjuguées.
Par exemple s'il y a 3 changements de signe, il y a une ou trois solutions positives.

Pour les solutions négatives, en changeant la variable x en – x, la règle, pour les solutions positives, permet de trouver le nombre de solutions négatives, à un multiple de 2 près, puisque la transformation a permuté les solutions positives et négatives.

WikiPédia : Règle de signes de Descartes

Méthode de Descartes

La méthode de Descartes, par coefficients indéterminés, permet de résoudre des équations du quatrième degré.

La Dioptrique : loi de la réfraction

la piotrique de Descartes - montage

La loi des sinus est attribuée à Snell dans le monde entier sauf en France où la question est de savoir si Descartes a lui-même découvert cette loi qui loi est attribuée.

Descartes énonce la loi de la réfraction sous forme de proportions : KM/LN = AH/IG.

Maintenant on écrit :

  • le rayon réfracté est dans le plan d'incidence
  • les indices de réfraction n1 et n2 de chacun des milieux et les angles incident θ1 et réfracté θ2 sont liés par la relation dite de Snell-Descartes :

n1 sin(θ1) = n2 sin(θ2).

Et toujours Descartes :

« Je n'ajoute pas ici les démonstrations de plusieurs choses qui appartiennent à la géométrie, car ceux qui sont un peu versés en cette science les pourront assez entendre d'eux-mêmes, et je me persuade que les autres seront plus aises de m'en croire que d'avoir la peine de les lire. »

Les coniques

Descartes s'est intéressé aux propriétés des coniques pour la confection des lentilles en optique.

L'ellipse

« L'ellipse ou l'ovale est une ligne courbe que les mathématiciens ont accoutumé de nous exposer en coupant de travers un cône ou un cylindre, et que j'ai vu aussi quelquefois employer par des jardiniers dans les compartiments de leurs parterres, où ils la décrivent d'une façon qui est véritablement fort grossière et peu exacte, mais qui fait, ce me semble, mieux comprendre sa nature que la section du cylindre ni du cône. »

Voir la suite et aussi les hyperboles dans la page coniques à centre

         la parabole chez les Anciens

         l'hyperbole de Descartes

Les Météores

Dans ce deuxième essai, suivant le discours de la méthode, Descartes donne une des premières explications scientifiques de l'arc-en-ciel. Il montre comment la lumière traverse une goutte d'eau avec une réfraction, deux réflexions et une réfraction.

III. Œuvre mathématique de René Descartes

Division harmonique - Relation de Descartes

Quatre points distincts alignés A, B, C, D forment une division harmonique si, et seulement si, on a la relation de Descartes : 2/AB=1/AC+1/AD.

Théorème de Descartes en géométrie

Ce théorème, découvert par René Descartes en 1643, établit une relation entre les rayons de quatre cercles tangents entre eux.

Il peut être utilisé pour construire un quatrième cercle tangent à trois autres.

Voir WikiPédia : Théorème de Descartes

Folium de Descartes

Le folium de Descartes est une cubique en forme de nœud de ruban, d'équation cartésienne : x3 + y3 = 3kxy (où k est un paramètre réel)..

Elle fut étudiée tout d'abord par Descartes et Roberval en 1638 puis étudiée par Huygens en 1672.
Cette courbe met en évidence les faiblesses de la méthode de Fermat dans la recherche des extremums d'une courbe algébrique.

Mon travail sur WikiSource Lettre XCIX - Descartes à Mersenne - Janvier 1638

Lettre CXXXVIII - Descartes à Mersenne - 23 août 1638

Relation d'Euler ou théorème de Descartes-Euler

Pour un polyèdre convexe, on a la formule f + s = a + 2, où f est le nombre de faces, s le nombre de sommets et a le nombre d'arêtes.
Cette formule, énoncée par Descartes, sera démontrée par Euler.

Inversion

Transformation découverte par Descartes, mais qu'il n'a pas précisée et peu exploitée.

Source : Marcel Berger – Géométrie vivante ou l'échelle de Jacob - Cassini 2009

Pi, la méthode des isopérimètres

On doit à Descartes le calcul de π par la méthode des isopérimètres.
Π : Descartes aurait inventé le signe PI majuscule pour la multiplication.

IV. Philosophie
Arithmétique et Géométrie

Fin de la deuxième règle pour la direction de l'esprit

[…] Mais comme nous avons dit plus haut que, parmi les sciences faites, il n'existe que l'Arithmétique et la Géométrie qui soient entièrement exemptes de fausseté ou d'incertitude, pour en donner la raison exacte, remarquons que nous arrivons à la connaissance des choses par deux voies, c'est à savoir, l'expérience et la déduction. De plus, l'expérience est souvent trompeuse ; la déduction, au contraire, ou l'opération par laquelle on infère une chose d'une autre, peut ne pas se faire, si on ne l'aperçoit pas, mais n'est jamais mal faite, même par l'esprit le moins accoutumé à raisonner. Cette opération n'emprunte pas un grand secours des liens dans lesquels la dialectique embarrasse la raison humaine, en pensant la conduire ; encore bien que je sois loin de nier que ces formes ne puissent servir à d'autres usages. Ainsi, toutes les erreurs dans lesquelles peuvent tomber, je ne dis pas les animaux, mais les hommes, viennent, non d'une induction fausse, mais de ce qu'on part de certaines expériences peu comprises, ou qu'on porte des jugements hasardés et qui ne reposent sur aucune base solide.

Tout ceci démontre comment il se fait que l'Arithmétique et la Géométrie sont de beaucoup plus certaines que les autres sciences, puisque leur objet à elles seules est si clair et si simple, qu'elles n'ont besoin de rien supposer que l'expérience puisse révoquer en doute, et que toutes deux procèdent par un enchaînement de conséquences que la raison déduit l'une de l'autre. Aussi sont-elles les plus faciles et les plus claires de toutes les sciences, et leur objet est tel que nous le désirons ; car, à part l'inattention, il est à peine supposable qu'un homme s'y égare. Il ne faut cependant pas s'étonner que beaucoup d'esprits s'appliquent de préférence à d'autres études ou à la philosophie. En effet chacun se donne plus hardiment le droit de deviner dans un sujet obscur que dans un sujet clair, et il est bien plus facile d'avoir sur une question quelconque quelques idées vagues, que d'arriver à la vérité même sur la plus facile de toutes.

De tout ceci il faut conclure, non que l'arithmétique et la géométrie soient les seules sciences qu'il faille apprendre, mais que celui qui cherche le chemin de la vérité ne doit pas s'occuper d'un objet dont il ne puisse avoir une connaissance égale à la certitude des démonstrations arithmétiques et géométriques.

Dans ce texte Descartes appelle arithmétique ce que désignons maintenant par algèbre.

L'intuition lui permet de concevoir clairement une figure géométrique sans aucun doute. Pour Descartes, les mathématiques se limitent alors à une déduction rigoureuse, simple et claire de nature calculatoire, faisant l'impasse sur l'analyse et le transcendant.

Philo Bac S 2014
Expliquer le texte suivant :

« On voit clairement pourquoi l'arithmétique et la géométrie sont beaucoup plus certaines que les autres sciences : c'est que seules elles traitent d'un objet assez pur et simple pour n'admettre absolument rien que l'expérience ait rendu incertain, et qu'elles consistent tout entières en une suite de conséquences déduites par raisonnement. Elles sont donc les plus faciles et les plus claires de toutes, et leur objet est tel que nous le désirons, puisque, sauf par inattention, il semble impossible à l'homme d'y commettre des erreurs. Et cependant il ne faut pas s'étonner si spontanément beaucoup d'esprits s'appliquent plutôt à d'autres études ou à la philosophie : cela vient, en effet, de ce que chacun se donne plus hardiment la liberté d'affirmer des choses par divination dans une question obscure que dans une question évidente, et qu'il est bien plus facile de faire des conjectures sur une question quelconque que de parvenir à la vérité même sur une question, si facile qu'elle soit.

De tout cela on doit conclure, non pas, en vérité, qu'il ne faut apprendre que l'arithmétique et la géométrie, mais seulement que ceux qui cherchent le droit chemin de la vérité ne doivent s'occuper d'aucun objet, dont ils ne puissent avoir une certitude égale à celle des démonstrations de l'arithmétique et de la géométrie. »

René Descartes, Règles pour la direction de l’esprit, 1628

Première méditation métaphysique – 1641

C'est pourquoi peut-être que de là nous ne conclurons pas mal, si nous disons que la physique, l'astronomie, la médecine, et toutes les autres sciences qui dépendent de la considération des choses composées sont fort douteuses et incertaines ; mais que l'arithmétique, la géométrie, et les autres sciences de cette nature, qui ne traitent que de choses fort simples et fort générales, sans se mettre beaucoup en peine si elles sont dans la nature, ou si elles n'y sont pas, contiennent quelque chose de certain et d'indubitable. Car, soit que je veille ou que je dorme, deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre de cinq, et le carré n'aura jamais plus de quatre côtés ; et il ne semble pas possible que des vérités si apparentes puissent être soupçonnées d'aucune fausseté ou d'incertitude.

Les « romantiques » préfèrent la « géométrie pure »…

L'algébrisation de la géométrie ne plut pas à Jean-Jacques Rousseau : « Je n'ai jamais été assez loin pour bien sentir l'application de l'algèbre à la géométrie. Je n'aimais point cette manière d'opérer sans savoir ce qu'on fait, et il me semblait que résoudre un problème de géométrie par les équations, c'était jouer un air en tournant une manivelle.

La première fois que je trouvais par le calcul que le carré d'un binôme était composé du carré de chacune de ses parties et du double produit de l'une par l'autre, malgré la justesse de ma multiplication, je n'en voulus rien croire jusqu'à ce que j'eusse fait la figure. Ce n'était pas que je n'eusse un grand goût pour l'algèbre en n'y considérant que la quantité abstraite ; mais appliquée à l'étendue, je voulais voir l'opération sur les lignes, autrement je n'y comprenais plus rien. » (Les Confessions).

D'après Marcel BergerCinq siècles de mathématiques en France (Pdf incomplet)

Analyse
Coniques

Table des matières

Notes pour « La Géométrie »

Le Calcul de Mons. des Cartes

GeoGebra Figures dynamiques des problèmes du Calcul de Mons. des Cartes

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Cours gratuits : la géométrie du philosophe Déscartes !
Descartes est un philosophe et mathématicien surtout en géométrie avec plusieurs œuvres qui illustrent son parcours scientifique. Ce texte en traite quelques unes de ses découvertes géométriques : théorèmes de Thalès, racine carrée, les équations, racine cubique…

Rétroliens (backlinks)

Le café pédagogique : Il y a quelques années, nous vous avions recommandé le site de P. Debart.
Depuis, il a bien évolué : nous vous incitons à aller explorer le travail relatif à Descartes.
La lecture des textes mathématiques du célèbre philosophe y est accompagnée de figures dynamiques du meilleur effet.

« René Descartes » expliqué aux enfants par Vikidia, l'encyclopédie junior

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